06 avril 2006
Pseudo analyse flagellatrice d'un bloggeur mal pris
Ca devait arriver. Mes frustrations en chaîne, ma mauvaise humeur actuelle et mon envie puérile de provoquer retombent sur le coin de mes synapses perturbées. Je suis en accord avec moi même (encore heureux!) mais insatisfait de ce que j'ai écrit dernièrement...

J'ai changé. J'étais un bloggeur plutôt sympa, mes commentaires tombaient à propos. Quand je lisais des billets qui me mettaient "en tabarnac" j'insultais mon écran et surffais ailleurs. Ces derniers temps, j'ai préféré réagir avec fougue et brutalité et m'attirer les foudres en montrant le côté obscur de ma faiblesse.
Retour sur les évenements de ces quinze derniers jours.
(Suivez les liens pour y voir clair)
Les faits : dérapages incontrolés :
Je crois que ca a commencé dans un commentaire (censuré mais au poil !) chez le Garde-Mots. J'y grognais lourdement après De Villepin. Ensuite, je me suis montré plus ou moins insultant sur le maudit blog des jeunes pop 87. Je ne ressent que de l'inimitié envers "ça". Mais il m'a manqué de style pour le faire savoir. La même bataille a continué dans des commentaires chez Ben où je disais :
"Moi j'ai échoué. S'il vous plait, pourrissez ces abrutis . Tooblog devrait les supprimer, leur blog est indécent et malheureusement si réel."
Pas de quoi être fier.
Enfin, encore de la provocation chez Chaanie, qui s'est enflammée. Si je comprends sa position, je maintiens la mienne et la salue.
Conclusion et bilan de l'autoanalyse :
Pas de quoi en faire un plat, mais j'ai pas mal envie de me radoucir, m'énerver plus subtilement, critiquer avec plus de discernement (ou arrêter de blogguer, ca bouffe mon temps théoriquement précieux). La pauvreté actuelle de mes capacités d'analyse est manifeste. La mauvaise vie que je mène et mes insatisfactions répétées expliquent en partie ces coups de gueule hostiles.
Excusez, chers amis (à part les jeunesses "Populaires", 'videmment) mes débordements : le fond de ces interventions a toujours été en accord avec mes opinions mais la forme et le modus operandi m'insatisfont. J'ai ainsi fait des infidélités à la déontologie de la discipline universitaire à laquelle je suis lié, c'est mauvais signe.
Reste que non, je ne regrette rien. Et oui, je serai toujours intolérant. Mais je compte l'exprimer différemment.
L'autoflagellation est maintenant terminée.
Bon blogage et bonjour chez vous.
Commentaires
Le vendredi 7 avril 2006 à 11h11, par pkdille :: site :: #
Zut alors ... j'ai raté tout tes coups de gueules ... je suis jamais là où il faut, pffff
Le vendredi 7 avril 2006 à 11h11, par Dolgo :: #
y'avait pas grand chose à ne pas rater.
Pratique, j'ai fait un résumé avec des liens...
Le vendredi 7 avril 2006 à 11h11, par Le garde-mots :: site :: #
Il faut renvoyer la censure, certes, mais je n'étais pas seul dans le coup : ton commentaire avait commencé sa carrière dans le spam, je n'ai eu qu'à le pousser dehors. Je ne laisse pas entrer la politique politicienne sur mon blog. Je ne prends que les valeurs sures. Il n'y avait, évidemment, rien de personnel dans tout ça.
Le vendredi 7 avril 2006 à 11h11, par chaanie :: #
Tu sais, si je le pouvais je te mettrais en lien tous les commentaires acerbes ou tout simplement durs mais honnêtes que j'ai pu laisser sur des blogs amis, simplement parce que je n'aime pas la langue de bois et que j'ai toujours de mal avec la bonne entente de masse dont je me méfie. Le club lecture, Deadbeef, même Marie et certains blogs bd en ont fait les frais,seulement, j'argumente.Voici un des commentaires laissé à la critique enthousiaste et énamourée d'un livre de Marc Lévy (et de Marc ?) ,tu verras qu'en matière de délicatesse, je peux aussi passer mon chemin :
"Et si c'était vraiment d'une nullité affligeante ?
Marc Lévy est à la littérature ce que le champomy est au champagne et encore, le champomy, c'est bon.
Lévy n'est pas écrivain, la seule pointe de style que l'on puisse trouver dans son indigente prose réside peut-être -je ne vois que cela- dans cette stupéfiante absence de style qui le caractérise. Certes Il nous gratifie parfois d'envolées lyriques qui ravivent en nous le souvenir ému des plus belles pages de la collection Harlequin, l'émotion en moins, certes, la réflexion philosophique qui est au centre de son ouvrage a de quoi nous laisser pantois, mais force est de constater que l'homme est avare de ces petits plaisirs coupables.
"Et si c'était vrai" est mal écrit, mal raconté et il n'est guère que l'histoire qui mérite qu'on s'y arrête peut-être un petit peu. J'ai terminé cet ouvrage hilare et furieuse : hilare parce que cela atteint un tel niveau d'amateurisme bégueule (l'amateurisme, le vrai est toujours touchant) et nullité qu'on ne peut qu'en rire, furieuse parce qu'on refuse les manuscrits de gens talentueux, d'écrivains en somme, au profit de gens comme ce Lévy, phénomène de mode calibré, beau gosse casté par une maison d'édition en mal de gros succès commercial. Peut-être conviendrait-il que l'on parle d'ailleurs de la "formule Lévy" plus que de l'homme : Une histoire d'amour à faire pleurer dans les chaumières, des phrases du type sujet/verbe/complément qui ne sollicitent pas trop les méninges, des protagonistes aux noms anglophones, un happy end... Que demande le peuple ? Ce n'est pas nocif pour la santé, cela peut même être plaisant, mais ça n'est pas de la littérature grande ou petite."
Je ne suis pas toujours d'humer policée, mais je ne balance pas de petites phrases provocatrices qui peuvent blesser.Ce qui m'a dérangée sur mon blog, c'est cette impression d'être expédiée en une phrase dans le monde des bourgeoises tyranniques, monde auquel je n'appartiens pas.
Rien de méchant cela dit et on a tous nos périodes peu sociables.
Le vendredi 7 avril 2006 à 11h11, par Cribas :: #
Il y a des périodes qui ressemblent à des ères...Le désert de la réflexion...
Tiens dolgo, je te file un lien. Pourras tu le remettre à Chaanie s'il te plaît?
Moi je me suis interdit de son blog et elle est bien d'accord. Alors...
brisdedebris.tooblog.fr/?...
(Je reconnais être un "connard" de passage moi aussi. Mon but est d' avancer dans la vie, bouger mon cul et prendre du grade. J'espère devenir bientôt "connard" de service.)
Comprendra qui pourra Ch... Pardon...Voilà que je me censure moi aussi...
Le vendredi 7 avril 2006 à 11h11, par chaanie :: #
Mais je l'ai vu ton lien. Difficile d'y échapper, tu me l'as envoyé par mail et tu me fais passer le message sur les blogs des autres. Maintenant, si tu veux bien, trouve une occupation et laisse les connasses comme moi, qui ne t'ont rien demandé, tranquille.
Le vendredi 7 avril 2006 à 11h11, par Dolgo :: #
Garde-mots : Oui, tu me l'avais signifié lorsque je m'insurgeais contre la censure inutile. Je comprends bien cette position.
Chaanie : c'est amusant de se répondre par commentaires-fleuves interposés ! Je trouve ton commentaire sur Lévy impeccable et bien pesé. Quelle critique solide, faudrait la mailer à marc lévy. Je répète que je ne regrette rien et que j'assume. Je ne fais que changer vers plus de discernement, pas de tolérance...
Rien de bien méchant en effet. C'est amusant la lutte de classe bloggienne...
Cribas : tu me fais encore rigoler. Je veux bien être ton intermédiaire-pigeon voyageur et j'irai donner ce lien. Après ton boycot du garde-mots, c'est celui de Chaanie ?
Le vendredi 7 avril 2006 à 11h11, par Dolgo :: #
Dommage que tous mes billets soient écrits à onze heure onze. J'écrivais le commentaire précédent au même moment que celui de chaanie.
Comprenne qui pourra.
Le vendredi 7 avril 2006 à 11h11, par Cribas :: #
Euh...Chaanie je la lisais il y a...un an...Et puis je ne sais pas ce qui s'est passé...Je ne me souviens plus, je crois déjà qu'à l'époque elle n'aimait pas trop que je la "lise"...
Donc pas de boycot pour chaanie...
Qu'on prenne qui voudra!
Le vendredi 7 avril 2006 à 11h11, par chaanie :: #
J'ai compris Dolgo, ce n'est pas si compliqué à suivre. J'ai eu ton commentaire sur mon blog, ayant reçu l'adresse du lien, je les ai effacés du billet avec lequel ils n'étaient pas en rapport.
Voilà, à bientôt
Le vendredi 7 avril 2006 à 11h11, par Dolgo :: #
reste plus qu'à proposer "girouette" au Garde.
Le vendredi 7 avril 2006 à 11h11, par Cribas :: #
Au fait Dolgo, d'après Chaanie, ton blogS...
C'est vrai? Il y a plusieurs blog() ici?
Enfin j'me comprends!
Le vendredi 7 avril 2006 à 11h11, par Cribas :: #
J'ai profité de l'occasion pour mettre ce lien ici, car la moitié des mails envoyés par le "Contactez-moi" tombe dans les spams...
Le vendredi 7 avril 2006 à 11h11, par Dolgo :: #
si je comprends ce que tu comprends, tu me demande si plusieurs bloggeurs s'occupent de la Dolgorouki Incorporation? Qui pis est, c'est une hypothèse chaanienne ?
Est-ce cela ou je ne comprends pas les mystères de la poésie ?
PS : Chaanie a récupéré le lien, c'est plus que certain.
Le vendredi 7 avril 2006 à 11h11, par Cribas :: #
Non je disais celà pour ce commentaire de Chaanie:
"Mais je l'ai vu ton lien. Difficile d'y échapper, tu me l'as envoyé par mail et tu me fais passer le message sur les blogs des autres. Maintenant, si tu veux bien, trouve une occupation et laisse les connasses comme moi, qui ne t'ont rien demandé, tranquille."
"les blogs des autres" c'est limite adolescent comme réaction, quand on sait que ce lien je ne l'ai mis qu'ici...
na na na na nère!!!
oups...Je me laisse allé, tu devrais sûrement supprimer ce dernier commentaire...
Le vendredi 7 avril 2006 à 11h11, par Dolgo :: #
Chaanie : Je viens de voir ton dernier commentaire. Oui, j'ai vu que tu n'as pas laissé mon dernier com chez toi ("anyway", le message est passé ici...) à +
('tain de communication!)
Cribas : //Au fait Dolgo, d'après Chaanie, ton blogS...
C'est vrai? Il y a plusieurs blog() ici? //
j'ai rien compris mais ca me parait pas dramatique.
si tu veux que je supprime ton dernier commentaire, ca roule, sauf si tu veux encore titiller Chaanie ! J'arbitrerai en toute impartialité...
Le vendredi 7 avril 2006 à 11h11, par Cribas :: #
Laisse alors...C'est ton blog... Mais t'as pas compris mon explication???
Alors là tu m'étonnes!!!
Le vendredi 7 avril 2006 à 11h11, par Cribas :: #
Dis Dolgo, il a toujours été écrit comme ça le commentaire suivant:
15. Le jeudi 6 avril 2006 à 14:29, par chaanie
Ce n'est pas Ma nouvelle top serrure : c'est celle que mon assurance vient d'offrir à mon propriétaire qui est tout coutent : elle était rouillée, avait 10 ans et allait bientôt claquer...
Alors non, je n'en suis pas contente, d'autant qu'elle n'est pas encore posée, disons que je serais contente quand je rendrai les clefs au connard sus-cité.
Il me semble que la fin n'y était pas avant...Mais je peux me tromper; c'est bizarre, je n'ai pas l'impressions pourtant, que ces deux "connards" soient les mêmes...Bizarre...
Le vendredi 7 avril 2006 à 11h11, par AlbertD :: site :: #
Bon, je vais chercher un camion de boue et une piscine. Beaucoup de boue, et quelque strings.
Le samedi 8 avril 2006 à 11h11, par Dolgo :: #
boaf Cribas. J'en sais rien ! Ca m'a pas perturbé outre mesure ! Il me semble que oui, c'était rédigé comme ça. Le propriétaire est un connard ravi que notre chaanie l'ai gratifié d'une nouvelle serrure.
Ploum ploum. Je progresse en explication de texte, moi.
_-_-_-_-
Yes albert ! Si tu trouves pas les strings, on fera sans, à l'ancienne !
Le samedi 8 avril 2006 à 11h11, par Cribas :: #
Le connard sus cité n'est pas le connard de passage et donc, ne peut pas être sus cité, puisqu'il n'a pas été cité.
Chaanie l'a ajouté dans son com, et, se faisant a pris ses lecteurs pour des "cons" cette fois. Mon seul regret c'est d'avoir dit que je ne mettrai plus mes mots chez elle, et c'est aussi une chance pour elle. D'ailleurs, le fait de fermer son billet après le commentaire qu'elle a écrit sur moi:"Le débat est clos, pour moi! Veuillez la fermer maintenant Messieurs Dames, et laissez moi rêver encore que je suis la meilleure qui a toujours raison"...Ou encore: "Vous avez vu ce que je lui ai mis? Hein? Hein? Vous avez vu?"
Je ne suis pas un humaniste non, c'est évident. Mais je me respecte, et, à chaque fois que je me mouille, je m'attends à être trempé.
Le samedi 8 avril 2006 à 11h11, par Dolgo :: #
//Le connard sus cité n'est pas le connard de passage et donc, ne peut pas être sus cité, puisqu'il n'a pas été cité.//
Nous aurions dû nous sentir visés ? Voyons !! Tu vois des modifications de commentaires partout, je doute que Chaanie passe son temps à de telles machiavéliques activités !
Je peux pas t'asssurer que tu as faux mais tout ça m'étonne...
//Mon seul regret c'est d'avoir dit que je ne mettrai plus mes mots chez elle//
Tu n'as qu'à recommencer !
Saluez l'adversaire et serrez vous la main.
Le samedi 8 avril 2006 à 11h11, par Cribas :: #
On dit souvent qu'il faut s'attaquer aux idées, mais pas aux "personnes" qui les développent, voire les utilisent.
J'ai 32 ans, et je ne suis toujours pas d'accord avec ça. L'idée n'est pas dissociable de celui ou celle qui en ait convaincu.
Nous ne vivons plus une époque de dialogue courtois. Le dialogue courtois ne sert plus que les mêmes, toujours les mêmes. Je ne parle plus de Chaanie ici.
Face à la violence du pouvoir de l’argent, je ne vois réellement plus qu’une seule solution et ceux qui détiennent ce pouvoir feraient bien de s’en aviser. Car ça chauffe, ça chauffe.
Parfois, la violence dans tous ses états, est la seule solution pour une société. Le dialogue a fait son temps. Il y a dans l’histoire, des périodes analogues à celle que l’on vit aujourd’hui, tu le sais bien.
Je suis « persuadé » que nous y sommes.
(Ce commentaire n’engage que la responsabilité de son auteur.)
Le samedi 8 avril 2006 à 11h11, par Cribas :: #
Et puis aussi Dolgo,pourquoi dis tu celà: "...Voyons !! Tu vois des modifications de commentaires partout,..."
ça me rappelle cette phrase-là: "...passer le message sur les blogs des autres..."
Dans ces deux cas, l'unicité d'une situation devient un pluriel à la retranscription.
On dit souvent que je généralise. Est-ce réellement le cas? Peut-être, mais il me semble que c'est souvent ce que nous faisons tous. Seulement ça ne se voit pas toujours d'emblée pour certains, et plus clairement pour d'autres. Que vois-je moi? Et toi, que vois-tu? Et Chaanie, que voit-elle? C'est bien le fond du problème. Le dialogue constructif devient, par ce biais la, démentiellement impossible.
Le samedi 8 avril 2006 à 11h11, par tricheur :: #
Je voulais laisser un commentaire sur le blog de chaanie mais la discussion s'est déplacée par ici... (pour Dolgo : je découvre ton blog, dès que j'aurais plus de temps je viendrai m'y perdre).
Le (premier) commentaire de Dolgo sur le billet de chaanie était provocateur mais pas méchant. Elle s'est énervée, ce n'est pas bien grave (elle l'a d'ailleurs admis ensuite).
Le commentaire de Cribas pose un autre problème. Son ton paraît plus neutre mais les jugements (et non les idées) émis sont extrêmement violents. Ils relèvent d'une idéologie que je ne méprise pas mais qui, énoncée de la sorte, ne peut qu'être rejetée. Personne ne cherche à contester l'existence d'un déterminisme social (pas même chaanie !), mais on ne saurait réduire la réussite ou l'échec dans la scolarité ou dans la vie professionnelle au résultat d'une logique implacable de reproduction sociale. Chaanie a raison de mettre en avant la volonté ou l'ambition, qui sont des critères tout aussi importants pour réussir sa vie. Remarquons également que les garçons s'orientent davantage vers les filières élitistes (classes prépa...) que les filles, alors que celles-ci obtiennent de meilleurs résultats aux examens. L'héritage culturel est donc aussi en cause. La question est bien plus complexe que ne le laisse à penser l'intervention de Cribas sur le blog de chaanie.
Par ailleurs il ne faut pas confondre les artisans-patrons avec leurs employés. Ces derniers effectuent des travaux souvent pénibles et sont mal payés, c'est vrai. Mais leurs patrons sont plus rarement à plaindre. J'ai un ami plombier qui après avoir avoir travaillé pour des patrons s'est mis à son compte il y a quelques années. Aujourd'hui il faut lui téléphoner très longtemps à l'avance pour avoir un rendez-vous ne serait-ce que pour une révision de chaudière. Et au prix de la révision, on peut estimer que, charges déduites, il doit gagner le double de moi, qui n'ai pas à me plaindre puisque je gagne environ 25 000 €/an. Je suis bardé de diplôme et pas lui, et alors ? Quand arrivera-t-on à faire comprendre que se salir les mains n'est pas déshonorant, que les filières professionnels ne signifient pas nécessairement des revenus dérisoires ? Sans doute les fils d'ouvriers sont plus souvent orientés vers ces filières que les fils de cadre, mais chacun garde sa chance d'avoir des revenus convenables. Et si malgré tout il existe une différence de revenus, celle-ci est en partie compensée par les revenus de transfert mis en place par l'Etat. La "fracture sociale" est très largement exagérée (et surexploitée par les hommes politiques de tout bord) : une fois qu'on a déduit les charges fiscales, les revenus des 10 % de foyers fiscaux français les plus riches n'est "que" le triple des revenus des 10 % de foyers les plus pauvres (qui ne sont d'ailleurs pas imposables). Trois fois fois plus riches ça vous paraît énorme ? C'est l'un des ratios les plus faibles parmi les pays développés...
Faut-il faire la révolution ? Oui, mais pas n'importe comment.
1) Le système éducatif français est une aberration : chaque année 160 000 jeunes sortent de l'école sans diplôme et surtout sans travail. Le système éducatif français repose sur l'idée qu'il faut former des citoyens, des intellectuels avant d'en faire des travailleurs. Du coup seules les filières générales sont valorisées, et les élèves refusent assez systématiquement une orientation en section technologique ou professionnelle, et souvent ils y vont parce qu'ils n'ont pas d'autres solutions. Quant à ceux qui ont échappé à ces orientations mais qui n'ont pas des résultats suffisants pour prétendre aller en classe prépa ou dans les filières courtes (BTS et DUT, très demandés et forcémént sélectifs), ils se retrouvent dans ces abattoirs qu'on appelle facs et la moitié d'entre eux ne passent pas la première année...
Revenir à une conception moins idéologique et plus utilitariste de l'école est une nécessité. Je ne vais pas me faire que des amis dans l'Education nationale (dont je suis membre). Un exemple : les professeurs de français n'enseignent pas le français, ils enseignent la littérature. J'adore la littérature mais les élèves ne tireraient-ils pas davantage profit d'une étude de contrat (pour éviter de se faire avoir), de l'examen du vocabulaire politique (idem), de l'apprentissage des codes linguistiques des médias (politiquement correct par exemple) ? Et on peut briller dans les soirées mondaines avec toutes ces choses autant qu'avec Molière, Baudelaire ou Sartre, n'en déplaise à mes collègues.
2) Le système social français risque l'effondrement, faute d'argent. La dette publique est colossale, et c'est un lourd héritage que les générations à venir vont devoir supporter. La génération du baby-boom (celle qui a fait mai 68) n'a pas connu la guerre, est entrée sur le marché du travail facilement car la crise n'était pas là ou s'amorçait à peine, a pu investir dans la pierre à un moment où l'inflation a rendu cet investissement particulièrement intéressant, ont bénéficié de tous les avantages de l'Etat-providence qui tendent à disparaître, et partent à la retraite à un âge raisonnable (en France l'âge du départ à la retraite est un des plus faibles parmi les pays développés). Les générations qui arrivent devront payer la dette de leurs parents/grands-parents, connaître le chômage plus d'une fois dans leur vie, payer eux-mêmes leurs médicaments, partir à la retraite à 70 ans... Il est normal que la jeunesse exprime son désarroi et son mécontentement quant au sort qui lui est réservé (le CPE n'étant qu'un épiphénomène)
3) Les institutions ne répondent plus aux attentes des citoyens (opposition croissante entre la représentation nationale et l'opinion de la rue). Les hommes politiques semblent se complaire dans des luttes de pouvoir et naviguer à court terme en fonction des échéances électorales. Ils ne sont plus porteurs de grands projets, et depuis les années 1980 et l'échec de la politique de gauche menée par Mitterrand, le clivage gauche/droite s'est réduit comme peau de chagrin, jusqu'à favoriser les votes extrêmes (votes protestataires, donc peu constructifs). Quant au projet européen, il va lui falloir dix ans pour se remettre de son rejet par les Français et les Hollandais. D'aucuns avaient juré/craché qu'on pourrait renégocier la constitution dans un sens plus social. Aujourd'hui ce sont les Anglais qui rigolent et qui imposent leur vision ultra-libérale de l'Europe. Les Français sont tellement nombrilistes qu'ils ne se rendent même pas compte que pour tous les commentateurs étrangers Chirac est un homme de centre-gauche ! Trop de social tue le social, pour paraphraser une formule dudit Chirac.
Une dernière chose : je ne suis que partiellement d'accord avec Cribas lorsqu'il dit qu'on ne peut séparer les hommes de ce qu'ils pensent, car cela le conduit à les rejeter d'un bloc. Or une pensée peut être fluctuante : certains citoyens votent pour des hommes et des idées différentes selon les élections. La discussion est un moyen de faire évoluer les idées, et je regrette que Cribas n'ait pas su examiner la position de chaanie sans employer un vocabulaire franchement déplacé et exagéré. Je suis d'accord qu'il existe des principes sur les lesquels on ne peut pas transiger (on ne saurait admettre le racisme par exemple), mais un billet sur un serrurier n'aurait jamais dû susciter de tels commentaires, et chaanie a bien fait de les clore pour éviter une surenchère stérile.
Le dimanche 9 avril 2006 à 11h11, par Cribas :: #
Le dimanche 9 avril 2006 à 11h11, par Ben :: #
Mon bon Dolgo, comme dirait feu John Wayne dans je sais plus trop quel film (L'homme tranquille me semble t'il, une histoire d'Irlandais, rien à voir avec une biopic de Mitterrand ^^). Bref comme dirait John Wayne, faut pas t'excuser, c'est une preuve de faiblesse
Le dimanche 9 avril 2006 à 11h11, par Dolgo :: #
Copié depuis le blog de Cribas.
Comme convenu, j'ai une belle gueule de bois. Je viens de découvrir les derniers commentaires sur mon blog. Tout cela me fait plaisir et j'aimerais que "tricheur" se présente. Qui est-il ? On se connait ?
Je n'ai pas lu son commentaire en entier. Ce billet de Cribas non plus. Un large débat s'est ouvert.
Bref, je répondrai ici et "chez moi" après des lectures plus attentives. (quelle technique de "teasing" parfait !)
Juste une dernière chose. Cribas écrit :
//Je vous invite maintenant à vous prononcer ici, afin que les lecteurs de ce blog, ne finissent pas par penser comme moi, que « Tricheur anonyme » est en fait Dolgo, ou peut être plus simplement, Chaanie.//
Non-non, Cribas, ce n'est pas moi. A l'heure où "tricheur" écrivait, j'étais en train de "commater" dans les couloirs de mon lieu de travail. Tu pourras vérifier, mon alibi est béton. Nous n'écrivons d'ailleurs pas de la même façon, je ne gagne pas 25000€ / mois, etc.
Bref,
I will be back !
Le dimanche 9 avril 2006 à 11h11, par Dolgo :: #
Pour amorcer ma série de réponse, je te dis, mon cher Ben le contestable, qu'avouer une faiblesse peut aussi être une force. Ce billet n'était d'ailleurs pas un mot d'excuses, mais bien une pseudo-analyse flagellatrice d'un bloggeur qui va mieux depuis !
(merci Ben, de poster un commentaire dont la réponse est simple à faire; ce sera plus complexe de se faufiler à travers ceux de Cribas et du Tricheur)
Le dimanche 9 avril 2006 à 11h11, par Ben :: #
John Wayne aurait dit des conneries dans ses films? Monde de merde... ^^
Le dimanche 9 avril 2006 à 11h11, par Dolgo :: #
Ouais, où va-t'on... Faut vraiment que Van Damme recommence les interviews.
Le dimanche 9 avril 2006 à 11h11, par Cribas :: #
mdr...John Wayne est un salaud!!!
Le lundi 10 avril 2006 à 11h11, par Cribas :: #
Vraiment, je rigole à chaque fois que je lis ça:
"John Wayne aurait dit des conneries dans ses films? Monde de merde... ^^"
Je suis fan de cet humour, mort de pété de rire...
Le lundi 10 avril 2006 à 11h11, par Dolgo :: #
Moi également. Quel talent, ce Ben !
Le mercredi 12 avril 2006 à 11h11, par Dolgo :: #
1) Je commence avec le commentaires de Cribas du samedi 8.
Nous avons au moins une chose en commun Cribas : l’obscurité dans les mots. Un de mes profs de lettres le notait systématiquement dans mes copies. (Ce que j’écrivais me paraissait pourtant clair) Ca va de pair avec les généralisations... difficile d'y échapper.
//. L'idée n'est pas dissociable de celui ou celle qui en est convaincu.
Nous ne vivons plus une époque de dialogue courtois (...) Parfois, la violence dans tous ses états, est
la seule solution pour une société. //
Il me semble que tout ce que tu dis des "idées" du "dialogue" de la "violence" peut être mis à l'envers.
On trouvera dans le monde empirique autant de quoi appuyer ton discours que l'infirmer.
L'idée institutionnalisée, incorporée ("mise dans son corps"), la philo ? La violence : de l'état, des
manifestants, des flics, symbolique, armée? le dialogue courtois imaginaire avec sa dulcinée? entre
Sud Education et Raffarin?
Bref, moi qui baigne un peu dans les sciences humaines, je découvre l'heureuse variété d'opinions et
d'interprétations à faire de n'importe quoi. Les
déterministes-néo-marxistes-durkheimiens-structuralistes expliquent tout fait social en terme de
(infra)structures, mécanismes en partie inconscients qui chapotent tout acte et toute pensée, les post
modernes qui piochent une idée par ci une idée par là pour construire leur modèle de la "réalité"
sociale sans distinction des courants de pensée et des disciplines, les interractionnistes pour qui rien
de cela ne vaut et que le jeu du social c'est qu'1+1=3. etc.
//Et puis aussi Dolgo,pourquoi dis tu celà: "...Voyons !! Tu vois des modifications de commentaires
partout,..."//
Tout simplement parce que tu les a repérés contrairement à moi... Il m'est dificile d'être attentif à ce
point dans la blogosphère. Ou bien qu'il n'y a pas de modifications. Mais je te crois... (et après tout
quelle importance !)
//On dit souvent que je généralise. Est-ce réellement le cas? Peut-être, mais il me semble que c'est
souvent ce que nous faisons tous. Seulement ça ne se voit pas toujours d'emblée pour certains, et plus
clairement pour d'autres. Que vois-je moi? Et toi, que vois-tu? Et Chaanie, que voit-elle? C'est bien le
fond du problème. Le dialogue constructif devient, par ce biais la, démentiellement impossible.//
Exactement !
Généraliser est problématique : personne ne peux s'en passer (à moins d'être schizophrène) et ça fait
des ravages. Le dialogue constructif reste pourtant possible. Nous n'avons pas le choix, humains que
nous sommes, c'est à dire animaux sociaux (chez les ethnologues), politiques (chez aristote) êtres
culturels par nature (chez les anthropologues).
2) Commentaire suivant : Tricheur
Effectivement, mon commentaire, celui qui a jeté toute cette huile sur l'Etna, provoquait sans
méchanceté (je suis bien heureux qu'il se soit fait attaqué, je maintiens et je récidiverai)
//Je voulais laisser un commentaire sur le blog de chaanie mais la discussion s'est déplacée par ici...
(pour Dolgo : je découvre ton blog, dès que j'aurais plus de temps je viendrai m'y perdre).//
Chaanie l'aura lu ici ce commentaire. Et ravi que ça t'aie permis de découvrir la Dolgorouki Inc.
//Le commentaire de Cribas pose un autre problème. Son ton paraît plus neutre mais les jugements (et
non les idées) émis sont extrêmement violents. Ils relèvent d'une idéologie que je ne méprise pas mais
qui, énoncée de la sorte, ne peut qu'être rejetée. //
Bravo. Je n'ai pas décelé d'idéologie particulièrement marquée dans les commentaires de Cribas... De
la violence et des exagérations oui.
Pour l'affaire du déterminisme social, de l'échec scolaire, de l'ambition nous sommes d'accord. Il reste
une affaire de sensibilité idéologique qui nous fera privilégier certains modes d'explications. J'ai
tendance à vouloir penser la Structure qui détermine des hommes figés dans leur rôle unique. Mais un
pouvoir d'action (subordonné à ces structures que je devrais définir) existe évidemment. Je suis gosse
d'ouvrier qui était pas mal destiné à rester au village ou pas loin pour construire une vie moins
différente que la mienne actuelle (milles excuses à ma famille qui heureusement, n'ira pas me lire
jusqu'ici)
Bref : héritage culturel + champs d'action (avec bien plus de variables encore que celles qui ont été
explorées par les sociologues de l'éducation)
//Par ailleurs il ne faut pas confondre les artisans-patrons avec leurs employés. Ces derniers effectuent
des travaux souvent pénibles et sont mal payés, c'est vrai. Mais leurs patrons sont plus rarement à
plaindre. //
Oui. Certains disent que le prolétariat et les classes sociales n'existent plus...
//? Quand arrivera-t-on à faire comprendre que se salir les mains n'est pas déshonorant, que les filières
professionnels ne signifient pas nécessairement des revenus dérisoires ? Sans doute les fils
d'ouvriers sont plus souvent orientés vers ces filières que les fils de cadre, mais chacun garde sa
chance d'avoir des revenus convenables. Et si malgré tout il existe une différence de revenus, celle-ci
est en partie compensée par les revenus de transfert mis en place par l'Etat. .//
Pas complètement d'accord. Pour moi, c'est sous-estimer le fameux déterminisme et sur-estimer le
rôle de l'état.
//Le système éducatif français repose sur l'idée qu'il faut former des citoyens, des intellectuels avant
d'en faire des travailleurs.//
Ca se défend, non ? Mon avenir est incertain (mais je me fais confiance) mais on m'a raconté de belles
histoires dans les amphis!
//Revenir à une conception moins idéologique et plus utilitariste de l'école est une nécessité. //
N'est ce pas déjà le cas ? Les filières courtes et professionalisantes se sont multipliées. L'état fait du
ad-oc, de l'ultra précis : une école en France pour tel domaine.
//J'adore la littérature mais les élèves ne tireraient-ils pas davantage profit d'une étude de contrat (pour
éviter de se faire avoir), de l'examen du vocabulaire politique (idem), de l'apprentissage des codes
linguistiques des médias (politiquement correct par exemple) ? //
Pour adorer la littérature, il faut pourtant s'y frotter. Ces apprentissages dont tu parles me semblent pas
mal importants. Ceci dit, la littérature et la philosophie peut s'en charger : ca donne un "background" ancré dans la Grèce antique, le romantisme ou la renaissance qui permet d'appréhender Laurent Ruquier, 3ush ou Delanoe...
//Le système social français risque l'effondrement, faute d'argent.// (et le § 2)
Un autre monde est possible ! L'argent mangé de façon superficielle et inique devrait être redistribué (aux oisifs et étudiants glandeurs, évidemment)
//Il est normal que la jeunesse exprime son désarroi et son mécontentement quant au sort qui lui est réservé (le CPE n'étant qu'un épiphénomène)//
La jeunesse doit aussi et surtout continuer à se construire et s'unifier contre ce libéralisme/impérialisme qui se cache plus ou moins.
//Les institutions ne répondent plus aux attentes des citoyens (opposition croissante entre la représentation nationale et l'opinion de la rue). Les hommes politiques semblent se complaire dans des luttes de pouvoir et naviguer à court terme en fonction des échéances électorales. Ils ne sont plus porteurs de grands projets, et depuis les années 1980 et l'échec de la politique de gauche menée par Mitterrand, le clivage gauche/droite s'est réduit comme peau de chagrin, jusqu'à favoriser les votes extrêmes (votes protestataires, donc peu constructifs). //
Oui.
Je vois cependant plus de porteurs de "grands projets" à gauche qu'à droite. Je ressens plus de culture, d'imagination à gauche. Le clivage gauche droite s'est peut être réduit, il reste manifeste.
Pour moi, voter extrême c'est protester mais aussi vouloir construire. J'espère ne pas me leurrer.
//Les Français sont tellement nombrilistes qu'ils ne se rendent même pas compte que pour tous les commentateurs étrangers Chirac est un homme de centre-gauche ! //
! ? ! ! Pourquoi pas communiste ?
//. Or une pensée peut être fluctuante : certains citoyens votent pour des hommes et des idées différentes selon les élections. //
Oui. Mais l'ancrage n'est pas forcément de l'immobilisme, l'affinité est importante, dynamique et respectable. Je ne pense pas voter à droite de sitôt...
Merci de ton commentaire, tricheur, et à bientôt j’espère.
19:05 Publié dans Vie du blog, vies de la blogosphère | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





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